20 janvier 2021 ~ 0 Commentaire

métro boulot dodo ou le degré zéro de la force de vivre

metro-boulot-dodo+galette+masquee

Slogan de mai 68, cette expression symbolise la monotonie de la non-existence et le degré zéro de l’aventure ; on est accaparé par le champ social et les contraintes quotidiennes : le problème est de s’oublier dans ce confort matériel (celui de la charentaise) et de réduire son existence à cela, oubliant la vraie valeur de la vie ; n’est-ce pas en remettant sa vie en jeu qu’on prend conscience du fait d’être vivant ?

Or ici chaque moment vécu est une caricature de ce qu’il devrait être normalement, dans la « vraie vie », dans une existence au sens fort.

- Le Métro: moyen de transport, dans lequel on ne fait pas attention à ce qui se passe, car « moyen » d’autre chose, on se projette en avant, il est la caricature du voyage où au contraire on regarde les choses pour elles-mêmes. Attendant le métro ou le bus, nous sommes comme les personnages d’En attendant Godot de Beckett qui restent à attendre quelque chose ou quelqu’un qui ne viendra jamais. L’aventure au contraireserait un anti-dimanche ou un anti-jour-de-boulot car « s’en aller, c’est gagner son procès contre l’habitude» (Paul Morand).

- Le Boulot : caricature du travail, travail alimentaire et contraignant qui n’est pas porteur de sens et se répète de manière cyclique, mimant le cycle des besoins naturels, le travail n’a alors pas de sens existentiel, n’est pas une passion, il hérite ici du fardeau biologique, avoir à se nourrir.

- Le Dodo : terme régressif qui symbolise la caricature de l’inconscient, du plaisir et du loisir, le dodo nous fait retourner en enfance et nous fait perdre par là-même en maîtrise de soi, si l’on s’abandonne et qu’on lâche prise, c’est pour retourner à l’inconscience première de l’animal ou de l’enfant, qui s’oublie et ne se sait pas exister.

Ainsi, le train-train dont nous sommes les passagers somnolents nous fait vivre et parler comme un disque rayé parce que le rythme de notre vie est alors répétitif et monotone : « Ah que la vie est quotidienne! » écrit Jules Laforgue (Complaintes).

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